Il ne pleut plus. La brise chasse les derniers nuages vers l'est et fait place nette aux effets de manche du soleil couchant. Précédés par nos ombres démesurément allongées, Mikhaïl et moi allons d'un bon pas.
Il n'a presque pas ouvert la bouche depuis notre départ. Sans doute serait-il bien resté un peu plus longtemps. Peut-être même voulait-il coucher la-bas... Ou bien, tout simplement, n'est-il pas très rassuré d'être parti seul en ma compagnie.
Pour l'amadouer, je lui demande :
"Et toi, tu en penses quoi, de tout ça ?
- De tout ça quoi ?" répond-il, pensif.
"Ben de tout ça, quoi ! De tout ce qui se passe chez nous, en ce moment...
- Tu veux dire, chez nous-chez nous ou sur le Plateau en général ?
- En général...
- Je sais pas. Je devrais en penser quelque chose ?
- Ben, enfin, je sais pas !... Cette histoire d'armes...
- Ah oui ! Les armes des Centaures, hein ? Je sais pas. Franchement..."
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