Avec le beau temps, les gens recommençaient à circuler sur le Plateau et il ne se passait pas de jour sans qu'un voyageur ou l'autre apportât des nouvelles. Elles étaient rarement bonnes. Julien, notamment, revint un soir furieux. Traversant le "territoire" des cavaliers, il s'était vu dépouiller de la moitié de son chargement, au nom d'un soi-disant droit de passage dont personne n'avait jamais entendu parler. Les pétoires qu'exhibaient désormais ces flibustiers l'avaient rapidement dissuadé de protester avec trop de véhémence. Ils l'avaient notamment soulagé du sel et des épices qu'il rapportait, ne lui laissant que l'essentiel, certains médicaments et du petit matériel médical destiné à Stèph' et à Sorcier. J'en fus consternée au-delà de toute expression. J'étais sûre que tout cela, in fine, tomberait dans l'escarcelle de ce connard de Sergi, nouvellement promu roi du petit commerce.
J'espérais seulement que Liseron n'avait été pour rien dans l'affaire.
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