Je me suis laissée entraîner jusqu'à la salle commune. Corentin me tenait par la main. Il devait la sentir trembler, un peu, à l'idée de revoir tout le monde. À l'idée du spectacle que j'avais dû donner, toutes ces dernières semaines. Je n'avais jamais connu de crise aussi longue et je ne me sentais pas encore bien forte. Tout me paraissait étrange, comme si je le voyais pour la première fois. La moindre fleur, le moindre objet, même le plus usuel, semblait m'appeler pour une longue, longue contemplation. Nous n'allions pas lentement et, pourtant, le temps s'étirait à l'infini. Chaque bruit, chaque son résonnait en moi comme s'il devait être l'unique objet de ma préoccupation.
"Je... je ne sais pas si j'y arriverai, Corentin" avouai-je d'une petite voix.
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